Houat et son histoire

Publié le par Marco

Il y a plusieurs dizaines de millions d'années, la presqu'île de Quiberon s'étendait vraisemblablement jusqu'à l'actuel plateau du Four, englobant alors Houat et Hoedic, et formant ainsi une mer intérieure dont le littoral, boisé, fut peuplé dès l'ère mésolithique (il y a environ 8 000 ans) ; la torche de la Teignouse y servait déjà de repère.
À l'époque Gallo-romaine, la population de l'île commerçait déjà avec les Vénètes. En 56 avant Jésus Christ, au cours de ce qui fut l'une des plus importantes batailles navales de l'Antiquité, Jules César, qui commandait les manoeuvres de la côte, affronta les Vénètes qui furent vaincus, et traités impitoyablement. L'île de Houat, ainsi occupée pendant 500 ans par les Romains, prit nom de Siata.
La tradition dit qu'au VIème siècle, quittant sa terre de Grande-Bretagne, Saint Gildas accosta en terre de petite Bretagne, sur une île inhabitée du nom de Hoiata. Des pêcheurs découvrirent l'ermite, et firent son renom dans tout le pays. Il s'installa à St Gildas de Rhuys et y fonda un monastère. Un jour, où il séjournait à Houat, la nourriture vint à manquer ; entouré de quelques religieux, Gildas fit sauter des soles sur la grève. L'une d'elles laissa dans le roc une empreinte inaltérable. Le miracle était advenu : Gildas était un saint. St Gildas mourut le 29 janvier 570. Au XIIIème siècle, l'île reprit force et vie, après une longue nuit de guerres et de famines. La situation du prieuré de Houat devint même florissante, attirant plus tard les écumeurs des mers.
Au XIVème siècle, les pillages reprirent, plus violents et plus fréquents que jamais. En 1548, 24 vaisseaux et 12 frégates investissent l'île. Les habitants sont troqués contre des cochons...
Malgré quelques tentatives, telles que celle du gouverneur de Belle Ile et de Nicolas Fouquet, l'île reste la propriété de l'Église jusqu'à la Révolution. A cette date, les biens du Clergé sont mis à la disposition de la Nation.
Néanmoins, certains prêtres et de nombreux immigrés se réfugient à Houat. Mais l'Angleterre ne parvient pas à les évacuer, beaucoup y mourront.
En 1815, les îles vivaient en dehors de toutes administrations, avec des règles coutumières. Le code Napoléon implique la création d'un règlement, d'une constitution, la charte naît en 1822 de la codification des anciens usages, des habitudes et des coutumes. Elle fixe les droits et les devoirs de chacun ; en voici quelques exemples :
  • L'argent de l'église est à la disposition du recteur pour l'entretien et les prêts sans intérêts aux habitants de l'île. Il perçoit aussi les impositions. Les habitants subviennent aux besoins du recteur, qui reste propriétaire d'une chaloupe.
  • Les douze notables, anciens et raisonnables, aident le recteur à prendre les décisions importantes.
  • L'école est obligatoire de sept ans à la deuxième communion. La classe dure deux heures et est assurée par "la maîtresse" (sous le regard du recteur).
  • La cantine, dirigée par un cantinier (personne la plus intègre de l'île) sous le contrôle du recteur, vend du vin et des boissons aux habitants. Elle en détient le monopole et les profits vont à l'église.
  • La boutique est tenue par la maîtresse et la moitié des bénéfices vont à l'église.
  • L'île au chevaux est commune à Houat et Hoedic, les habitants vont y couper l'herbe à tour de rôle.
  • La chasse est libre pour les habitants.
  • Le meunier et les habitants sont liés par un contrat.
  • Les messes servent à annoncer autant les affaires spirituelles que temporelles.
  • Fêtes : le 15 août, procession au port et bénédiction des bateaux, le 8 septembre., grand pardon de l'île.
  • Les jeunes gens ne peuvent pratiquer la pêche avant leur 3ème communion.
  • Les jeunes filles ne peuvent sortir de l'île sans la permission du recteur avant l'âge de 30 ans.
  • Les chiens sont interdits dans l'île.
À partir de 1815, la pêche se développa. En 1820, un port fut construit à l'aide de blocs de pierre, par tous les habitants sous la direction du recteur.
En 1847, ce sont les forts du Béniguet, du Tal, et du Sud-Ouest de l'île qui furent bâtis, sans jamais recevoir de garnison.
L'église qui avait été édifiée en 1766, fut agrandie en 1834 (les chapelles latérales), 1850 (la sacristie et le coeur) et 1856 (le clocher). Le cimetière actuel fut crée en 1834.
Dés le début du XIXème siècle, le recteur prit une grande place dans la vie de l'île. Il fut à la fois maire, syndic des gens de mer, agent des douanes, directeur de la poste, notaire, juge de paix, et percepteur.
Des religieuses furent appelées sur l'île pour assurer l'éducation chrétienne et soigner les malades.
Parallèlement, le recteur fit construire des moulins, et des fours furent installés en complément. Peu à peu, l'île devint plus indépendante du continent.
En 1880, le préfet nomme un agent spécial pour remplacer le recteur dans ses activités municipales (malgré cela, le curé fut le secrétaire de mairie jusqu'en 1991). L'école laïque ouvre ses portes en 1882.
Pendant la 1ère guerre mondiale, 11 jeunes hommes périrent sur le front. L'absence d'une partie des hommes contraignit les femmes à prendre en charge l'agriculture, activité aussi importante que la pêche à l'époque. Des prisonniers allemands gardés à Houat en 1914 et 1915 durent participer à la construction de l'ancien port (à l'extrémité sud de la grande plage). Entre les deux guerres, alors que certains marins équipent leurs bateaux de moteur pour aller au large, d'autres choisissent la navigation de commerce.
Pendant la 2ème guerre mondiale, les allemands occupèrent l'île de fin 1940 à début 1944. Ils exerçaient un contrôle journalier sur les pêcheurs. A la fin du conflit, un petit détachement américain occupa le fort du Beniguet. La période de restriction et de misère se prolongea jusqu'en 1950.
Le développement de la pêche à la sardine marque le début d'une période fleurissante et un agrandissement de la flotte.
En 1951, une violente tempête de sud-est détruit le port. Pratiquement toute la flotte est détruite. Des aides financières permettent aux pêcheurs de reconstruire de nouveaux bateaux. On construira alors, sur la côte nord, à son emplacement actuel, un nouveau port, le port St Gildas.
De 1956 à 1967, la liaison entre les îles et le continent est assurée par le «Notre Dame de Confort», puis par l'«Enez Houad». Sur l'île, tout se modernise, l'électricité apparaît en 1963, suivie du téléphone. En 1970, c'est l'eau courante qui est installée puis le tout-à-l'égout en 1973. En 1972, les Houatais se mobilisent pour construire l'écloserie dans le but de reconstituer la population de homards du littoral. Elle fut démolie en 1994 pour être remplacée par l'éclosarium.
LE GPAH (Groupement des Pêcheurs Artisans Houatais) voit le jour en 1970 pour une meilleur gestion des activités de la pêche. Parallèlement, un dépôt de carburant est installé pour les bateaux de pêche.
En 1975, une dispensaire est ouvert. Un dentiste et un médecin viennent en hélicoptère une fois par semaine jusqu'en 1991 pour les consultations
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Publié dans Vacances

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