Pour te réchauffer,

 

J’ai soufflé sur la braise orange

Pour briser en éclat  la glace bleutée.

 

J ai dérangé toute l’amirauté des anges

Pour que  file le linceul noir de la nuit

 

 

Pour te réchauffer,

 

J’ai dessiné au pinceau sur ton visage

Des nuances de roses non écloses

 

Je t’ai réanimé, de mon corps vers ton corps

Avant que la distance ne fasse trembler le port

 

Pour te réchauffer,

 

Enlacé dans les vasques la brume matinale

Et par  la houle qui parchemine l’horizon.

 

Les voiliers glissent sur l’abime profond

Jetant par-dessus bord d’étranges visions.

 

Pour te réchauffer,

 

Je t’ai parlé seul, ma petite morte, cohorte

De mots, bataillons de syllabes, finalement vains

 

Il n’est à présent que nos souffles mécréants

Nous préparant à la longue apnée du néant…


Publié dans : Poesie
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